[Suite du feuilleton « KLC et les Acheteurs ».]
Il y a un an, nous étions extrêmement critiques à l’égard des acheteurs. Nous les taxions même de pousser aveuglément au dumping, source de tous les maux.
Il était vrai :
- que les acheteurs négociaient des prestations de services complexes avec des techniques qui s’appliquent habituellement aux achats en grandes quantités d’objets simples et standardisés ;
- qu’ils n’avaient aucune idée des coûts réels de fabrication ;
- et que toute prestation informatique vendue durablement à perte se terminait toujours très mal pour le client.
Aujourd’hui, il y a incontestablement une nouvelle tendance aux achats lucides. Et il nous faut d’ailleurs constater que nous avons beaucoup d’acheteurs informatiques parmi nos clients.
Ils commencent à remettre en cause leur sacro-saint modèle économique basé sur le coût du jour-homme. À noter à ce sujet – pour illustrer des dérives types – qu’on commence à parler de "jour-Indien" dont le coût moyen tend vers190 €, pour un service final rendu en France. On oublie juste de dire que 15 % seulement des prestations IT peuvent rentrer dans cette offre.
Donc, nos acheteurs lucides savent que demander un service n’est pas suffisant. Il peut même être illusoire de constater (en début de contrat) que le service attendu est effectivement fourni. L’objectif fondamental est en effet que le service soit rendu durablement, quels que soient les aléas et évolutions classiques (pannes, progrès techniques, crises économiques, effets de modes…). Pour cela il faut que le service, en plus d’être "livré", soit : mesuré, managé, sécurisé, évolutif, réversible, benchmarkable… (Voir eSCM.)
Autre point favorable : les acheteurs ont aujourd'hui des bases de références plus précises des vrais coûts et des réels niveaux de service internes. Ils savent projeter des coûts complets à cinq ans, en prenant en compte les coûts des dysfonctionnements inévitables (c'est-à-dire, incluant les lacunes en documentation, secours, portabilité, ou évolution).
Ces nouveaux comportements des acheteurs ne peuvent que favoriser les signatures de nouvelles infogérances.

